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Afin de l'introduire dans l'Alliance scellée avec Abraham
La joie et la ferveur pour l'accomplissement de la Mitzva de la Brit-Mila ne se sont pas éteintes chez le peuple d'Israël • Les expériences personnelles du Mohel réputé, Reb Eliezer Shohat, qui muni de sa trousse contenant les instruments nécessaires pour la circoncision, parcourt jusqu'à aujourd'hui des milliers de kilomètres afin de circoncire un bébé né dans un pays lointain, sont la preuve tangible du sacrifice qu'est prêt à accomplir le peuple juif afin de conserver son identité, traduite par l'alliance scellée entre D. et Abraham.
Entre la paracha où est cité "Or Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsque fut retranchée la chair de son excroissance" et celle où est cité "Il leva ses yeux et voici trois hommes …", nous sommes allés rendre visite au Mohel réputé, Reb Eliezer Shohat de Raanana, pour entendre de sa propre bouche jusqu'à quel point la Mitzva de la Brit-Mila est chère dans le cœur du peuple juif.
Quel était l'âge de la personne la plus âgée que vous avez circoncis?
"Il y a de cela seize ans, avec la recrudescence de la alia des pays de l'ancienne union soviétique, j'ai circoncis ici, au complexe hospitalier de Belinson à Petah-Tikva, trois générations en un seul jour: le grand-père âgé d'environ soixante-dix ans, son fils et ses petits enfants. Il aurait fallu voir avec quelle joie et quelle ferveur ils étaient prêts à entrer dans le pacte d'alliance d'Abraham, simplement incroyable.
Et en effet, c'est la Mitzva qu'Israël a reçu avec joie, et jusqu' à aujourd'hui, conservée par lui dans la joie.
A propos d'âge avancé, au début de la pérestroïka, j'ai été envoyé par l'agence juive en Ukraine. A Odessa, "la ville des juifs", j'ai rencontré un juif âgé de quatre-vingt-onze ans, qui de sa vie n'a pas posé de tefillins. Qu'elle n'a pas été sa joie lorsque je lui ai permis de poser les tefillins pour la première fois de sa vie."

Je présume que ce n'est pas pour cette raison que vous avez été envoyé en Ukraine. Que pouvez-vous nous dire sur les circoncisions là-bas?
"Là-bas, toute circoncision était unique en son genre. La première circoncision que j'ai effectuée était dans une famille où tous, depuis la grand-mère - caissière dans une coopérative, la fille – professeur à l'école polytechnique locale, le père – ingénieur, la petite-fille – lycéenne, tous jeûnaient à Kippour. C'était la seule Mitzva qu'ils observaient. Dans la journée, ils travaillaient ou étudiaient, simplement qu'ils jeûnaient pendant tout le Kippour. Lorsque je les ai quittés après la circoncision, j'ai remarqué qu'ils avaient posé la mezouza sur le chambranle de droite à l'intérieur de la maison «pour que les voisins ne la voient pas …»".
Reb Eliezer nous montre une photo d'un bébé âgé d'un an qu'il a circoncis sur les genoux de son père, un jeune médecin. Aujourd'hui, le père professe en tant que gynécologue à l'hôpital de Tel-Hashomer, et les deux hommes se voient à intervalle assez réguliers.
Reb Eliezer a aussi voyagé, quelques années plus tard, à Vilnius en Lituanie.
"Au deuxième jour de fête de la diaspora, j'ai été abordé par une grand-mère qui m'a prié de circoncire son petit-fils. «Pour cela», je lui ai répondu, «vous devrez vous trouver tôt le matin à la synagogue, étant donné qu'à huit heures on doit venir me chercher pour me conduire à l'aéroport où je dois m'envoler pour Israël». La conversation s'est déroulée dans un Yddish qui rappela «la langue de Chalom Aleichem».
Dans la soirée, Myriam mon épouse a voulu ranger les instruments de circoncision dans la valise de façon à gagner du temps lors de la fouille de sécurité. Mais moi, qui espérais la venue de la grand-mère, j'ai gardé les instruments de circoncision dans mon baguage à main. Le lendemain, vers les 6:30 du matin, la grand-mère est arrivée avec un large sourire et avec … son petit-fils à la synagogue, et la circoncision s'est déroulée selon toutes les règles. Immédiatement après, nous sommes partis pour l'aéroport."
Et nous avons aussi posé une question assez embarrassante: quel est le pourcentage de circoncisions dans notre pays? br> "Pour autant que je le sache, très élevé. Et pourtant, de temps en temps, sont publiées des informations au sujet de quelconques organismes qui s'adressent généralement aux nouveaux immigrants pour se dresser contre les circoncisions, arguant des raisons médicales ou religieuses, pour être plus précis antireligieuses. Mais en fin de compte, lorsqu'il s'agit de leur propre fils, les principes sont vite oubliés.
Il y a quelques temps de cela, de jeunes parents ont exigés que la circoncision de leur premier né se déroule à la maternité et qu'elle s'effectue par un médecin. La grand-mère – pédiatre dans un dispensaire – m'a apporté le bébé au huitième jour. La circoncision s'est en effet déroulé a la maternité, mais par mes soins. Moins d'une heure plus tard, le bébé a été rendu à ses parents. Mais cela sont des cas tout à fait exceptionnels. A ma connaissance, il n'existe pas de groupe ou de communauté qui ne circoncisent pas leurs enfants. Que ce soit dans les kibboutzim du "Hashomer Hatsaïr" (où le taux des naissances a considérablement diminué ces dernières années), dans le centre d'absorption des nouveaux immigrants venus d'Ethiopie à Kfar Saba, ou encore à celui des nouveaux immigrants venus de France à Raanana – dans le passé, ce centre a accueilli la vague des nouveaux immigrants venus d'Argentine."
Est-ce que ce phénomène a débuté avec la vague de la Alya des années 90?
"Non. Apres la guerre des six jours, j'ai été envoyé par le Rav Goren Zatsa"l, ainsi qu'un tribunal rabbinique à la tète duquel présidait le Rav Hager Zatsa"l – le secrétaire renommé du tribunal rabbinique de Tel-Aviv – aux kibboutzim et mochavim du Néguev, dans le but de procéder à la circoncision des enfants des volontaires qui sont arrivés dans cette période en Israël."
Et au sujet des pays en dehors de ceux qui appartenaient au bloc communiste?
"Dans les couloirs du ministère des affaires étrangères on se souvient d'une histoire cocasse: il y a de cela quelques vingt-trois ans, l'attaché commercial de l'état d'Israël au Japon a eu un garçon. Dans le télégramme qui est arrivé de Tokyo était écrit: «Mazal-tov! Nous avons besoin d'un Mohel». Dans le télégramme de réponse était écrit: «Shohat s'envole vers vous ce soir». Et de nouveau un télégramme du Japon disant: «Merci, nous n'avons pas demandé un Shohet , nous avons demandé un Mohel…»
Reb Eliezer Shohat, avec plus de trente ans de pratique dans l'art de la circoncision, et à son actif des dizaines de milliers de nouveau-nés circoncis, a aussi transmit son savoir à de nombreux élèves, au Mexique, dans les pays Scandinaves et au Brésil. Dans sa jeunesse, il a étudié dans la yeshiva du "Merkaz HaRav" à Jérusalem; en cette période, il a même participé aux cours que donnait Manitou … le Rav Léon Ashkenazi.
"Et en effet, partout dans le monde, cette Mitzva est respectée. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai visité cinq fois la communauté juive de Thaïlande. Une fois aussi, en Corée du Sud: la circoncision s'est déroulée dans la maison de l'ambassadeur, avec la participation de la famille diplomatique Israélienne: environ … 14 personnes. Le vol pour la Corée a duré quelque chose comme 25 heures dans chaque direction – porte à porte y compris les transits."
Dans les vols pour l'Extrême Orient, il lui est souvent arrivé de prier Shahrit en Israël, et après quelques 20 heures, prier Maariv à sa destination finale.
Et "Minha ?", nous le chicanons: Reb Eliezer se souvient qu'une fois il a prié Shahrit à Petah-Tikva, Minha à Londres et Maariv à Copenhague.
Une fois même, il a quitté sa maison à la sortie de Rosh Hashana, tout de suite après la havdala en direction de l'aéroport; le jeûne de Guedalia a été passé en partie pendant le vol, une autre partie – six heures – à Bangkok. Pendant ce temps, il a eu le temps d'ausculter le bébé, de se reposer un peu du long voyage et du jeûne chez la famille, de se rendre au centre Habbad à Bangkok pour prier Minha. La circoncision a eu lieu, et tout de suite après Maariv et la fin du jeûne, il se rendit à l'aéroport après avoir traversé au préalable le marché local ("pour rapporter des souvenirs aux enfants"). Cependant, ce jour là, le jeûne s'est trouvé raccourci de quatre heures.
A Nairobi au Kenya, lorsque les Israéliens construisaient encore là-bas, il a circoncis les enfants des ingénieurs de Solel-Boneh.
Lorsqu'il est arrivé à une Helsinki enneigée un vendredi à l'aube, il fut persuadé qu'il aurait à passer le Shabbat dans cette ville du nord. Après la circoncision et le sermon qu'il donna devant les juifs de l'endroit, lorsqu'il prit conscience que le Shabbat se terminerait à 1:30 du petit matin, et que l'hôtel ou il devait séjourner se trouvaient uniquement des portes à ouverture électrique, il prit l'avion pour se rendre chez des amis à Zurich: là-bas, il se sentit "presque" comme à Bnei-Brak.
Il ressentit vraiment Bnei-Brak à Anvers, comme nous le témoigne cette anecdote. Il y a de cela quelques années, lorsqu'il n'y avait pas encore de portables (vous vous souvenez?), Y. K., fils d'une famille de commerçants bien établis dont Reb Eliezer avait déjà circoncis ses trois fils, et qui en plus gérait l'activité de sa famille en Israël, téléphona. Le jeudi après-midi, il discuta avec Myriam sa femme pour lui dire: "Mon frère en Belgique a eu un petit garçon, mais l'enfant a une jaunisse d'environ 10 bilirubines. Il est de coutume ici que l'on ne circoncis pas un bébé tant que le taux de bilirubine ne soit pas descendu en dessous de 7, et aucun Mohel ici n'accepte de le circoncire…Il y a demain un vol à 4 heures du matin, et si vous êtes intéressée, vous pouvez vous joindre aussi à votre mari". Madame Shohat a préférée naturellement rester en Israël avec les petits. Un seul "problème" subsistait pourtant: que va-t-on faire au sujet de la circoncision qui était prévue le lendemain à Petah-Tikva? La famille de Petah-Tikva consultée, a accepté que la circoncision se fasse par le frère de Reb Eliezer, le Mohel de Jérusalem, le Rav Shlomo Shohat, Mohel spécialiste, qui en plus rempli la fonction de Mohel inspecteur délégué par la commission de supervision des Mohalim. "Le Oneg Shabbat" de Reb Eliezer s'est passé à la grande synagogue d'Anvers, et l'officiant ne fut pas moins que le Hazan renommé Reb Ben-Tsion Shenkar accompagné d'une chorale.
Est-ce que le problème des circoncisions à l'étranger était aussi présent du temps de votre défunt père ?
"Exactement, mon vénéré père, le Rav Simon, paix à son âme, huitième génération d'une famille de Mohalim et de Shohatim , a été invité une fois par Shaul Eizenberg pour circoncire en Iran chez des familles Israéliennes qui ont travaillé dans ses sociétés du temps du Shah".
Et votre frère ?
"Mon frère circoncis en Grèce, et est invité par les médecins religieux de New-York, où il a là-bas ses propres élèves".
Avez-vous encore des curiosités à nous raconter ?
Reb Eliezer réfléchi un peu … "A Mexico-city, lorsque je me rendais chez des familles, tout de suite après m'avoir salué par le traditionnel "Shalom Aleichem", on me conduisait souvent au lavabo pour que je m'ablutionne. Au début, je n'ai pas très bien saisi le pourquoi de la chose, jusqu'à ce que l'on m'a expliqué qu'ici, les distances sont grandes, et il est pratiquement impossible de se procurer de la nourriture cachère pendant les voyages, ce qui fait que chaque juif qui arrive est considéré comme un affamé …"
Apres la catastrophe de la destruction des tours jumelles, il fut interdit de monter en avion avec ses ustensiles de Mila. Entrer dans un avion avec des ciseaux ou un couteau est totalement interdit, ce qui fait que la sacoche est remise au pilote ou au commandant de bord, soigneusement scellée par un ruban adhésif, et rendue après avoir été préalablement déchargée par une signature officielle.
"Si ce n'est pas moi personnellement, au moins la sacoche vole en première classe dans la cabine de pilotage …"
Pourquoi êtes-vous obligé de voyager si loin, n'y a-t-il pas de juifs plus près qui ont besoin des services d'un Mohel?
"Oui naturellement; j'étais un jour à Londres et l'année dernière une demi-journée à Sophia".
Sophia ?
"Dans toute la Bulgarie vivent aujourd'hui quelques 2000 juifs, dont environ 1000 à la capitale, Sophia. Ils prétendent farouchement qu'ils pratiquent une vie juive, mais il est triste à dire, outre une synagogue en ruine qui a certainement connu des jours meilleurs et un musée, je n'ai trouvé aucun autre signe ou témoignage confirmant cette présomption (Minyan, nourriture cachère ou autre)".
Et en Israël ?
"Sur notre terre, l'endroit le plus éloigné où j'ai pris l'avion est Eilat, là-bas j'ai des familles fidèles. Les circoncisions se déroulent au centre Habad, chez le Rav Yossef Hecht. Une fois j'ai pris l'avion, depuis l'aéroport de Herzliyya dans un petit avion à deux places, jusqu'au terrain d'atterrissage qui a justement été inauguré le même jour à Neve-Dkalim. La circoncision s'est déroulée à l'hôtel de Neve-Dkalim à l'époque où l'on affichait encore complet …"
Là s'arrête Reb Eliezer, et je vois des larmes perler dans ses yeux.
"Je me souviens justement avec chagrin de la circoncision du fils du Rav Horowitz, quelques jours seulement avant que Yamit ne soit détruite. La circoncision s'est déroulée dans un motel et y ont participé tous les habitants et aussi les renforts qui sont venus du nord. On pouvait ressentir la tension dans l'air. Les Rabbins Ariel et Drukman ont été honorés du parrainage et des bénédictions. Le bébé fut introduit dans la synagogue habillé d'une chemisette où était inscrit:
«Je t'en prie, ne déracines pas ce qui est planté». Les orateurs ont insufflé l'espoir, mais la fin était connue … Prions pour qu'en ces temps que nous vivons, alors que notre terre est en danger d'être distribuée à des étrangers, nous aurons la joie de voir réalisée la parole de nos vénérés maitres: «…Grande est la Mitzva de la Mila qui grâce à elle Israël hérite de sa terre un héritage eternel», comme nous le lisons dans la Paracha d'Avraham que nous lisons ces temps-ci: «Et je t'ai donné à toi et à ta descendance après toi la terre où tu habites, toute la terre de Canaan, un héritage eternel …»"
Prions pour qu'au moins l'alliance que D. a scellé avec Avraham et sa descendance après lui, "La Knesset de l'état d'Israël" ne la proposera pas comme un sujet de vote, et qu'il n'y aura pas de membre du parlement qui élèvera la voix pour louer ce ministre Hollandais qu'il y a quelques années essaya de faire passer une loi interdisant aux Mohalim de circoncire, pour laisser la Mitzva de la Mila rien qu'aux médecins.
Nous avons quitté Reb Eliezer Shohat en lui promulguant tous nos vœux pour que D. lui donne santé et longue vie, afin qu'il continue à accomplir le travail sacré qu'il effectue, et qu'il n'ait jamais de répit grâce au nombre de bébés qu'il aura à introduire dans l'alliance scellée entre D. et Avraham notre père.
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